Blog de la section socialiste de Clamart
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Les droits des femmes dans la tourmente ????

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photo isabelle rakoffLa date du 8 mars a été instituée en 1977 « journée internationale des droits des femmes » par les Nations Unies et nous devons au gouvernement de Pierre Mauroy, sous l’impulsion d’Yvette Roudy, alors ministre des droits des femmes, d’avoir institutionnalisé en France cet événement à compter de l’année 1982. On doit se réjouir, en dépit des critiques encore très persistantes de la part de certains jugeant cette célébration inutile, qu’elle soit l’occasion de dresser un bilan des avancées des droits des femmes en France et dans le monde.

Tout est allé vite depuis 1944, année où le droit de vote a été accordée aux femmes : c’est très récent 1944 !!! Nous l’avons  souvent rappelé sur ce site et à bien des occasions durant les manifestations que nous avons initiées pour le 8 mars lorsque nous étions élu-e-s de la majorité municipale : des avancées spectaculaires comme le droit à la contraception, à l’IVG, à l’accès à l’emploi et à l’indépendance économique etc. ont été l’issue des combats menés par des femmes exemplaires à tous les échelons de notre société, des femmes anonymes qui ont permis à d’autres femmes moins anonymes, à présent entrées dans l’histoire comme Simone Veil ou Gisèle Halimi de porter les lois devant les Assemblées, d’impulser de profonds changements sociétaux ou  de défendre la cause des femmes devant les tribunaux. Et personne ne devrait nous reprocher à l’occasion de ce billet de célébrer les 60 ans de la création du Planning familial le 8 mars 1956.

Très récemment encore les nouvelles dispositions prises sur les pensions alimentaires ont marqué une très importante avancée pour les femmes qui se retrouvent se retrouvant, faute de leur versement, dans des situations compliquées pour leur quotidien sans compter les combats juridiques couteux, douloureux et épuisants qu’elles doivent mener pour obtenir gain de cause.

On aimerait continuer sur cette lancée et se réjouir aussi toutes et tous  des annonces qui seront faites ce jour même par le Gouvernement en cette journée du 8 mars 2016. A l’heure à laquelle est rédigé cet article, nous n’en n’avons pas encore connaissance et nous les attendons.

Mais voilà, alors que l’on souhaiterait sincèrement être optimiste et positif sur le chemin de l’égalité et se projeter sans crainte dans un avenir meilleur pour les femmes et donc pour les hommes, un curieux sentiment gagne certaines et certains, comme une tourmente sourde qui s’insinue un peu tous les jours.

Il y a parfois des facteurs déclencheurs qui permettent de dire attention ! Où en est –on réellement, que se passe-t-il ? il y a quelques jours de cela, l’Association Mémoire Traumatique et Victimologie révélait que 30% des jeunes de 18 à 24 ans pensent en 2016 que le viol n’est pas de nature à laisser des traces indélébiles chez les femmes qui en sont victimes. Dans le texte, » elles  peuvent prendre du plaisir à être violée ».

Ce sondage a fait du bruit et heureusement mais cette association ne l’a pas inventé et face aux 12 768 viols déclarés en 2014 (sans compter ceux qui ne les ont pas) et dont les victimes sont des femmes à hauteur de 91%, avec 18% de plaintes en plus depuis 5 ans, il est impératif de s’alarmer sur ce sondage.

Que se passe –t-il donc dans cette société pour que les jeunes de cette tranche d’âge qui représentent l’avenir et forgent déjà la société de demain puissent en arriver à penser cela ? 30% ce n’est pas 50% certes comme j’ai pu personnellement me le voir rétorquer (!!!) mais en 2016 alors que tant de mesures, y compris à l’école sont prises et développées pour l’égalité filles-garçons, on doit s’interroger fortement sur cette opinion que je trouve personnellement effrayante.

Egalement se poser des questions sur le fait que les violences conjugales font toujours et encore l’objet principal des interventions de la police, et ce bien au-delà de notre territoire  de Clamart, alors que les dispositifs pris pour lutter contre ce fléau sont de plus en plus efficaces.

Se préoccuper encore plus fortement de la situation des femmes souvent seules avec leurs enfants qu’elles soient diplômées ou non, confrontées à la précarité au pire à la pauvreté, à propos des quelles reportages, articles et/ou alertes sont pourtant souvent dans l’actualité et  qui ne doivent pas avoir aujourd’hui une conception très optimiste de l’égalité femmes-hommes.

Et puis il y a les compromis ! Les compromis de bon teint que l’on voit aussi s’insinuer progressivement dans la vie de l’entreprise, la vie politique et la vie de tous les jours. Les compromis que l’on fait et que l’on finit par laisser faire pour être politiquement correct, ne pas froisser les religions, les diplomates, les grands de ce monde venus négocier de gros contrats, les supérieurs hiérarchiques, les grands patrons, les grands élus et les petits élus etc…, et puis les grands événements internationaux et nationaux où peu à peu l’image photographique des femmes se fait rare comme si elles n’étaient pas là alors qu’elles le sont….

Alors oui, ce 8 mars 2016 devrait nous alerter, je le crois sincèrement, sur ces failles insidieuses presque quotidiennes. Il n’est pas question dans ce billet presque d’humeur de faire des listes et de citer tels et tels évènements. Certains pourront dire que je devrais le faire pour donner des preuves mais être obligée de se justifier alors qu’il n’y a qu’à regarder un peu les actualités ou autour de soi avec objectivité est largement suffisant.

Et me direz-vous, près de chez nous ? Il se passe quelque chose qui pourrait venir confirmer ces constatations, justifier la tourmente qui gagne nos esprits ? Un exemple qui ne va peut-être pas bouleverser nos concitoyennes et concitoyens mais qui a quand même son importance : si la parité a permis à autant de femmes que d’hommes d’être élues au sein du nouveau territoire Vallée Sud-Grand Paris, aucune obligation légale ne figurait dans la Loi de nommer vice-présidents les maires des communes réunies en son sein. C’est pourtant ce qui s’est passé, arrivant ainsi à se retrouver avec 2 seules femmes vice-présidentes du conseil de territoire, les maires de Bagneux et de Malakoff !!!!

Si nous ne voulons pas laisser la tourmente grossir et nous projeter toutes et tous en arrière, il va falloir c’est certain, réagir et vite face à ces multiples compromis qui méritaient bien d’être pointés.

Enfin, à Clamart, l’égalité et le 8 mars sont célébrés autour de la place des femmes dans la musique. C’est une initiative dont nous prenons acte et à laquelle nous participerons bien évidemment en tant qu’élu-e-s de l’opposition. Nous en profitons d’ailleurs pour encourager notre élue à l’égalité des chances à poursuivre la mise en œuvre de la Charte communale pour l’égalité démarrée par l’équipe précédente.

En guise de signature, je n’ai que mon nom, celui spécifié par la circulaire du 26 juin 1986 « le nom de toute citoyenne-tout citoyen français-e  est celui […] qui résulte de son acte de naissance ».

Isabelle RAKOFF

Conseillère municipale et conseillère du territoire

Adjointe au maire de Clamart en charges des affaires sociales et des droits des femmes (2001-2014)

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