Blog de la section socialiste de Clamart
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Travail et financement des solidarités

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Depuis deux siècles, le progrès technique a formidablement amélioré la productivité du travail.

Cette évolution va, inéluctablement, se poursuivre et se généraliser. L’homme développe des machines aptes à prendre en charge des tâches de plus en plus complexes et autonomes.

Dans le même temps, la fraction du temps de vie consacrée au travail  a fortement diminué dans les pays industrialisés ; cette évolution, marquée en France au début du siècle par l’abaissement  de la durée légale du travail sous l’impulsion du gouvernement socialiste, va, elle aussi, se poursuivre.

L’amélioration de la productivité est un atout pour l’humanité, mais conduit à s’interroger sur l’avenir du travail. Or le travail est pour nous non seulement la base principale du revenu, et donc en particulier celle des moyens que la puissance publique peut consacrer à la redistribution, mais aussi le fondement du statut social des personnes, et de leur dignité. Pour les socialistes, le droit d’accès de tous et toutes au travail, pour ces raisons, est et demeure un objectif indissociable de notre identité.

Le chômage à haut niveau, qui persiste, est un symptôme auquel nous peinons à faire face. On invoque la croissance : assurément, la puissance publique doit stimuler l’investissement, pour réactiver la production nationale et revivifier son tissu au travers des territoires. Cependant, chacun prend conscience des limites sur lesquelles bute la croissance à long terme. Mais que signifie la croissance du PIB ? Une tâche prioritaire consiste à mettre enfin en œuvre des indicateurs moins imparfaits, qui permettent de prendre en compte quantitativement les enjeux environnementaux.

Comment, d’autre part, se féliciter de gains de productivité si les travailleurs n’en bénéficient pas ? Il faudra impérativement, et d’autant plus si nos pays européens réussissent à nous éloigner du risque de déflation, que les revenus du travail soient régulièrement revalorisés.

Mais encore plus impératif devient aujourd’hui le partage du travail. Augmenter le temps travaillé par individu (par exemple en repoussant l’âge de départ en retraite) privilégie des équilibres comptables, mais exprime une absurdité historique. Des modalités de partage doivent être inventées et inclure des congés sabbatiques, et des périodes de formation, moyen irremplaçable de ne laisser personne au bord du chemin.

Au-delà du travail des hommes, de nouvelles bases doivent être renforcées pour asseoir les moyens de la puissance publique. Faut-il alors taxer directement les machines, le capital productif ? En tout cas, c’est bien du patrimoine et de son accumulation que provient le gonflement des inégalités ; c’est là, peut-être sous la forme d’une taxation élargie de l’héritage, qu’on trouvera des solutions.

 

La section du Parti socialiste de Clamart a participé aux Etats généraux du parti en adoptant ce texte lors de son assemblée générale le 9 octobre 2014, aux termes d’un débat particulièrement riche.

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