Blog de la section socialiste de Clamart
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Commémoration

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Le 26 Juin 1913 naissait Aimé Césaire. Comment oublierions-nous de saluer sa mémoire un siècle tout juste plus tard ? A Clamart, nous avons donné son nom à l’un des plus beaux lieux de rencontre de notre ville, dans un quartier rajeuni.

 

Césaire était un être humain, pétri de contradictions comme nous tous. Mais son acuité de vision était formidable. De la puissance colonisatrice, il a pris ce qu’elle pouvait offrir de meilleur, sa langue, jusqu’à en devenir lui-même un virtuose poétique incomparable. Et dans le même temps il a fustigé avec une vigueur incroyable ce qu’elle pouvait avoir de plus détestable, le racisme tapi derrière le colonialisme.

 

Le communautarisme est complètement étranger aux idées d’Aimé Césaire. En portant avec Léopold Senghor et d’autres le concept de négritude, il promeut la culture africaine, la défend contre les tentatives de dévalorisation, et lutte pour sa survie, s’opposant pour cela  au projet français d’assimilation culturelle.

 

La négritude a fait l’objet d’un débat célèbre entre Sartre et Césaire. Pour Sartre, il s’agit d’une sorte de « racisme antiraciste », un moment dialectique sur la route d’une synthèse, vers une société dont le concept de race aura disparu. Césaire ne partage pas cette vision : pour lui, il y a continuité entre la condition d’un Noir opprimé et l’exigence d’une fraternité universelle ; la négritude est un humanisme.

 

Nous avons du mal à suivre une discussion à cette hauteur, mais nous n’avons pas de mal à nous rendre compte que ces deux grands hommes n’étaient pas tant en désaccord que cela. Il nous reste à nous émerveiller qu’un poète soit aussi celui qui a concrètement réussi à ce que d’anciennes colonies, les Antilles, la Guyane, la Réunion, deviennent des départements français. Ainsi celui qui maniait l’utopie dans un langage étincelant s’est aussi montré capable de transformer la réalité.

 

Donc contribuons à garder vivante la mémoire d’Aimé Césaire. Il a toujours appartenu à notre camp. Il est de ceux qui ont porté, avec le plus de panache et d’éloquence, la devise de notre République.

 

Philippe Waldteufel.

 

 

 

 

 

 

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