PIERRE MAUROY D’abord, les mains, longues, fines et animées. En parlant,Pierre Mauroy les projetait en avant et remuait ses doigts effilés. On ne pouvait qu’être frappé par le contraste entre cecorps massif, puissant, qui dégageait une force incroyable, et la délicatesse extrême de ses mains. Ensuite une voix. Chaude et grave, la voix de Pierre Mauroy était charmeuse et mélodieuse, ponctuée de « quoi ! » retentissants ; l’interlocuteur se sentait pris par la musique douce de la conversation à laquelle ce conteur-né les invitait. Car Pierre Mauroy adorait raconter des histoires. Il vivait au rythme de ses récits inlassablement répétés, la saga des socialistes. Quand nous sommes arrivés le 23 mai 1981